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Les compléments alimentaires : une aide pour affronter la rentrée ?

Avant de remplir le panier, prenons un moment pour démêler le vrai du superflu — car, comme le rappelle l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire) dans un point de repère repris par Pourquoi…

Les compléments alimentaires : une aide pour affronter la rentrée ?

À l'approche de la rentrée, les rayons des pharmacies et les fils d'actualité regorgent de promesses: magnésium pour la fatigue, vitamine C pour l'immunité, plantes pour le sommeil, ampoules « énergie ». Avant de remplir le panier, prenons un moment pour démêler le vrai du superflu — car, comme le rappelle l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire) dans un point de repère repris par Pourquoi Docteur, un complément alimentaire ne se choisit pas comme on achèterait un café le matin.

Un complément vient en soutien, jamais en remplacement

L'idée simple à garder en tête est celle-ci: un comprimé ne compense pas des nuits trop courtes, une alimentation déséquilibrée, une consommation d'alcool trop régulière, un stress qui s'installe ou un manque d'activité. Santé publique France le rappelle sans détour: dormir suffisamment, bouger à son rythme, garder des horaires stables et préserver des activités que l'on aime font partie des gestes qui soutiennent vraiment l'énergie et la santé mentale. C'est le socle. Tout le reste — y compris la cure la plus sophistiquée — n'est qu'un appoint ponctuel.

Dans certaines situations précises, un complément peut effectivement présenter un intérêt: une carence documentée par une analyse, une alimentation peu variée, une grossesse, un régime particulier ou un besoin identifié par un professionnel de santé. L'Anses insiste d'ailleurs sur un point souvent oublié: un régime insuffisamment varié peut exposer à une couverture nutritionnelle incomplète, et c'est dans ce cadre, avec un avis professionnel, que la supplémentation prend tout son sens.

Le piège des superpositions silencieuses

C'est l'un des grands pièges de la rentrée, et probablement le plus banal en cabinet: on associe magnésium, multivitamines, produit « immunité », plantes pour le sommeil, parfois une ampoule énergisante… sans regarder la composition de chacun. Or, plusieurs de ces produits peuvent contenir les mêmes vitamines ou les mêmes minéraux et conduire, sans qu'on s'en rende compte, à des apports qui dépassent les limites de sécurité. L'Anses alerte particulièrement sur ce risque lorsque s'y ajoutent des aliments enrichis (céréales, boissons, substituts de repas). La règle pragmatique: avant d'ajouter quoi que ce soit, on fait l'inventaire de ce qu'on prend déjà, quitte à poser toutes les boîtes sur la table du salon et à relier les étiquettes entre elles.

Les produits à base de plantes méritent une vigilance particulière. Une plante active peut avoir des effets indésirables ou interagir avec des médicaments. L'Anses recommande de demander conseil à un professionnel de santé avant toute cure et de signaler systématiquement la prise de compléments à son médecin ou à son pharmacien — surtout en cas de grossesse, d'allaitement, de maladie chronique ou de traitement anticoagulant, anticancéreux, immunosuppresseur ou psychotrope. Les compléments destinés aux sportifs, qui peuvent contenir caféine, stimulants végétaux ou des doses élevées de certains nutriments, sont d'ailleurs déconseillés aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu'aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires ou des troubles rénaux, hépatiques ou neuropsychiatriques.

Premier pas concret pour cette semaine

Avant d'acheter la moindre boîte, je vous propose une approche en trois petits gestes — rien de spectaculaire, juste de quoi reprendre la main:

  • L'inventaire: notez sur une feuille tout ce que vous prenez déjà (médicaments, compléments, aliments enrichis du quotidien). Si deux produits apportent la même vitamine ou le même minéral, choisissez celui qui vous paraît le plus utile et laissez l'autre de côté le temps d'en parler à un professionnel.
  • Le tri des promesses: plus la promesse affichée est large — « fatigue disparue, mémoire boostée, immunité garantie » —, plus la prudence est de mise. Méfiez-vous des prises prolongées, répétées ou multiples, et privilégiez les circuits de vente contrôlés.
  • Le non-remplacement: la meilleure « cure de rentrée » reste souvent un coucher légèrement plus tôt, un repas un peu plus coloré, une marche régulière et un moment de respiration dans la journée. Le complément, s'il a sa place, viendra en dernier — et seulement quand le socle est posé.

Une chose mérite d'être soulignée en closing: dans ce paysage, des marques émergent avec des gammes dites « saines » — c'est par exemple le cas de Joone, qui lance une nouvelle ligne de compléments alimentaires élaborée près de Montpellier, selon un reportage relayé par Orange Actualités. Cela dit, « sain » affiché sur un emballage ne dispense jamais du réflexe fondamental: vérifier la composition, croiser avec ce qu'on prend déjà, et en parler à un professionnel qui connaît votre dossier. Le complément alimentaire peut parfois compléter, mais il ne doit jamais remplacer ce qui fait, jour après jour, la vraie vitalité.