Compléments alimentaires : Livlab veut assainir un marché sous tension
Qui n'a jamais attrapé sa boîte de gélules presque par réflexe, en faisant confiance à l'étiquette?

Comme le relate La Dépêche, ce petit geste mérite pourtant d'être questionné: depuis deux ans, le marché des compléments alimentaires est ébranlé par des scandales de contamination aux métaux lourds — cadmium en tête — révélés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et UFC Que Choisir. Une jeune entreprise française, Livlab, fondée par le Tarn-et-Garonnais Gui Perrier et ses associés, choisit ce moment pour proposer une autre manière de faire.
Le marché ébranlé, et un constat sans détour
Les fondateurs de Livlab, designers et ingénieurs au profil de « hackers » partis de Léojac, ne mâchent pas leurs mots. « On pensait naïvement que la santé prime avant le business, mais c'est faux. Dans ce milieu, tout le monde fait ce qu'il veut en s'appuyant sur des pseudo-études scientifiques tronquées », résume Gui Perrier. Le tableau qu'ils dressent est celui d'un secteur où l'on « vend des histoires simplifiées, voire des mensonges, parce que c'est plus facile sur le plan du marketing ». Pour une démarche de naturopathie attentive à la qualité, ce constat rejoint une intuition de terrain: la promesse facile remplace trop souvent le travail de fond sur la formulation.
Neuf actifs, et une traçabilité affichée
Pour répondre, selon l'entreprise, à des carences nutritionnelles qui toucheraient jusqu'à 70 % des Français, Livlab a fait un choix radical: concentrer la « crème de la crème » dans un seul pot. Pas plusieurs dizaines d'ingrédients en quantités infimes, mais seulement neuf actifs, sourcés auprès des meilleurs laboratoires européens. Quatre viennent de Bretagne — chlorelle, collagène marin, sulforaphane et huiles oméga 3 —; le magnésium marin est confié au laboratoire allemand Dr Paul Lohmann, présenté par l'entreprise comme « la référence mondiale en la matière ». La formulation a été confiée à Emmanuelle Gaillard, ingénieure basée à Vannes, spécialisée en nutrition santé depuis quinze ans: « Personne n'utilise des actifs d'aussi bonne qualité. Le produit final coûterait trop cher. » Et parce que la parole seule ne suffit pas, Livlab s'engage à publier l'adresse de tous ses fournisseurs — un geste de transparence encore rare dans ce milieu.
Trois réflexes à garder pour vous
Au-delà de cette actualité, c'est l'occasion de revisiter nos propres habitudes, sans culpabiliser, mais avec lucidité. Avant tout achat, trois gestes simples peuvent faire la différence:
- Lire la liste des actifs, pas seulement le nom marketing. Une formule courte, à une dizaine d'ingrédients bien dosés, est souvent plus lisible qu'un mélange de quarante composants.
- Demander d'où viennent les ingrédients. Un laboratoire qui connaît ses fournisseurs accepte de les nommer. Si l'étiquette reste floue, c'est un signal à entendre.
- Vérifier les études citées. Une allégation sérieuse renvoie à des publications accessibles, pas seulement à des témoignages clients.
Plutôt que de courir après le dernier produit à la mode, prenons le temps de questionner ce que nous mettons dans notre corps. C'est souvent dans cette attention discrète que se cultive, jour après jour, la vraie vitalité.